:: Histoire :: Pilotes : Ralf Schumacher

Nationalité : Allemand
Né le : 30 juin 1975

"Monsieur Frère", "le frère de l’autre", le "frère de qui-vous-savez". Le cliché est facile, mais pourtant bien réel: dans l’ombre envahissante de son illustre aîné, Ralf Schumacher peine à se faire un prénom. Comment aurait-il pu en être autrement? 

Lorsque Ralf se lance dans le sport automobile, après de nombreuses années de karting, son grand frère compte déjà parmi les stars de la F1. Avec un tel patronyme, difficile pour Ralf de passer inaperçu sur les grilles de départ et de ne pas attiser les jalousies à son égard. Car comme son frère, Ralf a derrière lui le manager Willy Weber. Sans jamais avoir démontré un talent supérieur à la moyenne, c’est l’assurance pour Ralf de courir dans de bonnes structures et de voir se dégager devant lui le chemin menant vers les sommets. Tout le "paradoxe Ralf" est là. Une volonté affichée d’être reconnu en tant que tel, mais l’incapacité de se sortir du sillage de son aîné. 

Vice champion de F3 allemande, puis champion de Formula Nippon en 1996, Ralf prouve qu’il n’est pas maladroit avec un volant entre les mains, loin de là. Mais sa promotion immédiate en F1 chez Jordan pour la saison 97 agace. Ce n’est pas vraiment le fait que d’autres pilotes auraient mérité cette place qui énerve. C’est plutôt cette suffisance, cette arrogance dégagée par le petit Schumacher. Inacceptable de la part d’un pilote qui doit essentiellement sa place à son frère.

Ses débuts sont pourtant remarquables. Ralf fait preuve d’une fougue pas toujours très maîtrisée, mais son podium à l’issue de son troisième GP, en Argentine, impressionne. En rivalisant avec son équipier Fisichella, authentique espoir du sport automobile, Ralf prouve que sa présence en F1 n’est pas usurpée. Et même si au fil de la saison, son rival italien prendra l’ascendant sur lui, les débuts du jeune Ralf n’en restent pas moins une réussite. La saison suivante lui permettra de s’étalonner face au champion du monde Damon Hill. En compagnie de cet expérimenté équipier, référence dans le domaine de la mise au point, Ralf accomplit de grands progrès et apprend à tempérer ses excès. Après un début de saison délicat, Ralf connaît notamment le déclic à Silverstone. Contraint de s’élancer de la dernière ligne sur la grille, il livre sous le déluge une superbe prestation qui l’amène dans les points. Franck Williams a apprécié à sa juste valeur la performance, et s’empresse de le faire signer. Les Williams ne vont pas plus vite que les Jordan, mais Ralf sait qu’au sein d’une si prestigieuse équipe, et avec la perspective d’une association future avec BMW, il va pouvoir tutoyer les sommets et enfin se battre avec les meilleurs. Avec son frère notamment.

Des 99, au volant de la pataude Williams-Supertec, Ralf confirme qu’il est devenu une valeur sure de la F1. Rapide, excellent finisseur, il inscrit tous les points de son écurie. Et sans une malchanceuse crevaison, il aurait même pu signer une retentissante victoire à domicile, sous la pluie du Nurburgring.

Le scénario se répète en 2000. Toujours très régulier, Ralf offre notamment au nouveau moteur BMW son premier podium, des le GP d’ouverture en Australie. Pourtant, sa fin de saison laisse perplexe. En de nombreuses occasions, sur des tracés très sélectifs, Ralf montre une fâcheuse tendance à se faire dominer par son équipier Button, un môme de 20 ans, directement issu de la F3. Simple passage a vide ? C’est du moins ce que laisse à penser son fulgurant début de saison 2001. Bien servi par le surpuissant moteur BMW, Ralf signe son premier succès à Imola. Deux autres suivront. Plus important, il semble prendre la mesure de son bouillant et très médiatique équipier Juan Pablo Montoya. A 27 ans, Ralf s’affirme comme un véritable leader, et même comme le principal rival de son frère au championnat. Simple illusion d’optique. Adroit et courageux, Ralf clame haut et fort qu’il est fin prêt à déboulonner l’imposante statue familiale. Mais il semble pourtant faire preuve d’une complaisante passivité lorsqu’il s’agit de lutter roue contre roue avec Michael, lequel ne relâche jamais son agressivité au volant. Et le monde de la F1 se gausse d’entendre le jeune Ralf se plaindre piteusement du comportement en piste de son grand frère. Surtout que Montoya, lui, n’hésite pas à montrer les biceps et à aller au contact. L’image de Ralf commence dangereusement à pâlir. Même si au fil de la saison 2002, Ralf a montré qu’il faisait globalement jeu égal avec son équipier, ce dernier a su faire preuve d’un brio qu’on ne retrouve pas chez l’Allemand, ce qui laisse augurer pour lui d’une saison 2003 délicate. D’autant qu’au sein de l’écurie Williams, il apparaît de plus en plus marginalisé. A lui de reconquérir le cœur de son employeur et de montrer qu’il a encore sa place au plus haut niveau.

Le nouveau challenge du cadet de la famille ressemble à celui de son frère chez Ferrari au milieu des années 90. Mais Ralf n’est pas Michael, Toyota n’est pas Ferrari et Tomita n’est pas Todt. Ralf devra donc plus simplement et humblement mettre Toyota sur la voie du succès, ce qui passera tout d’abord par un premier podium. Il sera ensuite temps de définir de nouveaux objectifs. Ralf Schumacher continue de courir pour le constructeur nippon en 2006, mais avec une efficacité un peu moins importante. Il ne monte qu'une seule fois sur le podium et termine dixième du championnat.

Ralf Schumacher
sera toujours présent en 2007 chez Toyota, avec encore Jarno Trulli comme coéquipier.

STATISTIQUES DE GRANDS PRIX

 

Nb de GP

Ecurie

Points

Poles

records/tour

victoires

classement

1997

17

Jordan

13

 

 

 

11e

1998

16

Jordan

14

 

 

 

10e

1999

16

Williams

35

 

 1

 

6e

2000

17

Williams

24

 

 

 

5e

2001 17 Williams 49 1 5 3 4e
2002 17 Williams 42 - - 1 4e
2003 15 Williams 58 3 1 2 5e
2004 12 Williams 24 1 - - 9e
2005 18 Toyota 45 1 1 - 6e
2006 18 Toyota 20 - - - 10e
2007 17 Toyota 5 - - - 16e

Bilan de carrière
180 Grands Prix, 6 victoires 
Pas de titre de champion (meilleur résultat 4e au classement général 2001 et 2002)

(Nelson, GP2005.com, StatsF1.com)

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: Palmarès :

 
     180 Grands Prix
 
    6 victoires
2001 - GP de Saint Marin
2001 - GP du Canada
2001 - GP d'Allemagne
2002 -
GP de Malaisie
2003 -
GP d'Europe
2003 -
GP de France

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