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En 79, pour sa première saison complète, le jeune Piquet démontre sa pointe de vitesse en titillant régulièrement son prestigieux coéquipier. Beau joueur, l’ordinateur autrichien abreuve Piquet de précieux conseils et lui apprend les ficelles du métier. Piquet dira plus tard : "J’ai eu deux vrais amis en F1 : Lauda a mes débuts, et Alesi a la fin" Quand a la fin de l’année 79, Lauda quitte la F1, le jeune Piquet se retrouve leader de l’une des plus grosses équipes de l’époque... après seulement 1 an de F1. 1980 est le temps des premières victoires (Long Beach) et de la première grosse désillusion. L’échec au championnat face au robuste Alan Jones. Piquet prendra sa revanche l’année suivante en profitant de la guerre Jones/Reutemann chez Williams. Piquet manque de tout perdre lors du final à Las Vegas. Au bord de l’évanouissement, il arrache de justesse les points nécessaires pour coiffer Reutemann. 1982 est une année de mise au point pour le moteur BMW auquel Piquet offre sa première victoire à Montréal. Travail qui se concrétisera en 83 par son deuxième titre mondial. Piquet devient le premier pilote "turbo" champion du monde, au nez et a la barbe de Prost et des précurseurs de Renault. Un titre entaché par la probable non conformité de l’essence utilisé par BMW en fin de saison. L’écurie Brabham et son pilote sombrent alors doucement dans une douce torpeur. McLaren et Ferrari s’arrachent Piquet à prix d’or, mais ce dernier préfère le doux confort familial de Brabham. Le lent déclin de 84 et 85 incite Piquet à revoir sa position. Il signe chez Williams, écurie dans laquelle le nouveau moteur Honda semble démontrer d’étonnantes dispositions. Premier GP et première victoire chez lui, à Rio en 86. Le dilettante Piquet s’attend alors à une saison facile. C’est sans compter sur la révélation Mansell. Décevant chez Lotus et chez Williams avec Rosberg, Mansell est transfiguré par son premier succès fin 85 à Brands Hatch. Il prend rapidement l’ascendant sur Piquet. A mi saison, Piquet réagit. Il livre alors les plus belles courses de sa carrière, comme à Budapest ou il sort vainqueur d’ un duel d’anthologie avec Senna. Au championnat, Piquet et Mansell abordent au sprint la dernière ligne droite, mais c’est Prost qui décroche la timbale à l’issue d’un final rocambolesque à Adélaïde. En 87, la Williams se détache de ses concurrentes. Le titre
ne peut échapper à Mansell ou Piquet. Imola marque un tournant dans la
carrière de Piquet. Un bris de suspension l’envoie dans le mur de Tumburello.
Sévèrement commotionné, il perd une partie de ses facultés de pilote. Devenu
incapable de concurrencer Mansell en vitesse pure, il utilise des armes
différentes, à la manière d’un Lauda. Il développe une grande complicité
avec son ingénieur Franck Dernie. Réglages différents, choix de pneus
différents, stratégie décalée, il tente de prendre Mansell à revers... Et
ça marche ! Il conquiert son troisième titre mondial et quitte Williams non
sans avoir pris soin de balancer quelques vacheries à Mansell et d’emporter
sous son bras le moteur Honda. Il dispute son 199e Gp à Spa et termine sur le podium tandis que Moreno réalise le meilleur tour en course. La prestation d’ensemble des Brésiliens de Benetton est très bonne, mais ce jour la, Briatore n’a d’yeux que pour un jeune Allemand qui fait sensation chez Jordan. C’est Michael Schumacher. Dans les jours qui suivent, Briatore débarque le pale Moreno et le remplace par Schumacher. Fureur de Piquet qui tente de prendre la défense de son ami d’enfance. Le GP suivant a lieu à Monza. Les jours précédant la course sont incertains. Piquet menace de quitter l’écurie. Ce à quoi Briatore répond qu’il est tout simplement viré. Piquet viré la veille de son 200e GP ! En coulisses, on s’agite et Ecclestone intervient en faveur de son ancien pilote. In extremis, Piquet est réintégré. A Monza, Schumacher dispute son 2e GP et Piquet son 200e. Le team Benetton organise une grande fête dans le paddock pour célébrer l’événement. Même Senna et Mansell sont conviés. Mais le cœur n’y est pas. Sur la piste, Piquet parvient avec peine à suivre le rythme du jeune Allemand. A la presse, Briatore parle volontiers de "ces jeunes pilotes qui vont vite et ne coûtent pas un rond et de ces autres pilotes grassement payés et qui ne justifient pas leur salaire" Il ne donne pas de noms, mais le message est clair... Piquet pousse jusqu’à la fin de saison et à son 204e GP. Des contacts avec Ferrari et avec Ligier n’aboutiront pas. En consultant le palmarès 92 de ces écuries, ce n’est pas un mal. Piquet quitte donc la F1 pour un nouveau défi :Indianapolis. Il se blesse grièvement aux cours des derniers essais. Quelques jours plus tôt, il avait reçu une proposition de Benetton pour remplacer Martin Brundle, auteur d’un très mauvais début de saison. La convalescence sera longue mais n’empêchera pas Piquet de mener à bien son défi. Il prend le départ des 500 Miles 1993. Sans grand succès. Autre défi, Le Mans, au volant de la vieillissante Mclaren GT du team Rafanelli. Avec Cecotto et Sullivan, puis Lehto et Soper. Piquet n’est pas à un come back près. Il vient de lancer son écurie de F3 visant a faire courir son jeune fils Nelsinho. Le second volant sera tenu par.... lui même ! STATISTIQUES DE GRANDS PRIX
Bilan de
carrière (par Nelson) |
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