Tony Vandervell était un industriel, un fan de la course automobile et un patriote. L'un des premiers sponsors du projet BRM, il se désillusionna devant le manque de progrès et prit son propre chemin.
Après quelques années sous la réglementation de Formule 2, le championnat du monde se conforma à une nouvelle formule de 2,5 litres en 1954. Vandervell demanda à John Cooper de construire un nouveau châssis pour un moteur deux litres et quatre cylindres construit par Vandervell et basé sur quatre moteurs de moto Norton. Cela fut mis au point et l'on obtint un groupe moteur de 2,5 litres en 1955. La voiture devint connue sous le nom de Vanwall pour la première fois : c'était une combinaison du nom de Vandervell et de ses activités commerciales Thinwall. Mais la course fut ensuite dominée par l'équipe Mercedes-Benz, et la pauvre Vanwall restée sur le carreau fut pilotée par Peter Collins. Harry Schell et Ken Wharton pilotèrent en 1955 mais cela n'avait rien de palpitant.
Le châssis de Chapman En 1956, Vandervell commanda un nouveau châssis à Colin Chapman. La carrosserie était stylisée par l'aérodynamicien Frank Costin et le moteur produisait tout de même 285 chevaux. Schell, Maurice Trintignant et Mike Hawthorn en étaient les pilotes, mais avant le début de la saison de Grand Prix, Stirling Moss donna à cette voiture l'occasion de vaincre dans la course de l'International Trophy à Silverstone. Dans le Grand Prix de France à Reims, Chapman lui-même fut inscrit par Vanwall mais ses freins se grippèrent pendant l'entraînement et il tamponna Hawthorn ! Les freins ne purent être réparés et il renonça à la course. Schell donna aux Ferrari un choc pendant la course en dépassant Collins et Castellotti et en se mettant à côté de Fangio à deux occasions. Pour la saison de 1957, Vanwall apparut comme une force dont il fallait tenir compte. L'équipe pouvait se vanter d'avoir Stirling Moss, ainsi que Tony Brooks et le nouveau venu Stuart Lewis-Evans. Le Grand Prix de Grande-Bretagne à Aintree fut le jour de gloire que Vandervell avait tant attendu. Moss se qualifia en tête, avec la Maserati de Jean Behra entre lui et Brooks. Moss prit la tête mais Behra le dépassa quand la Vanwall commença à avoir des ratés et Stirling Moss dut rentrer aux stands pour réparation d'un fil de masse. De nouveau, il y eut un problème et Brooks fut rappelé pour remettre sa voiture à Moss qui repartit neuvième. Il arriva rapidement en quatrième position, derrière Lewis-Evans, Hawthorn et Behra. Mais les dieux le protégeaient sans doute. Le volant du moteur de Behra éclata et Hawthorn creva sur les débris, ce qui permit à Moss de gagner. C'était la première fois qu'une voiture britannique gagnait un Grand Prix important depuis 1923 et c'était aussi la première victoire d'une voiture et d'un pilote britanniques dans un Grand Prix de Grande-Bretagne.
Les petites Cooper à moteur médian firent un début sensationnel dans la saison de 1958, mais Vanwall n'était pas prêt pour le Grand Prix d'Argentine arrangé à la hâte. Moss gagna cependant en Hollande et Brooks en Belgique. Brooks gagna de nouveau en Allemagne, victoire gâchée par la mort de Peter Collins dans une Ferrari. Moss gagna au Portugal avant que Brooks fût de nouveau vainqueur à Monza.
La couronne du constructeur Le championnat continua au Maroc et se décida entre Moss avec trois victoires et la Ferrari de Hawthorn avec une seule mais cinq deuxièmes places. Moss gagna superbement mais son coéquipier Lewis-Evans mourut suite à des brûlures dans un accident. Hawthorn fut deuxième, ce qui était suffisant pour s'assurer du titre. Cependant, en chemin, il avait quitté la piste, avait calé et avait été obligé de pousser sa voiture dans le sens contraire du trafic. Il fut disqualifié mais Moss déclara qu'il l'avait vu pousser la voiture sur le trottoir seulement, ce qui était permis. Hawthorn fut rétabli, ce qui coûta à Moss le titre. Le principe du sport était différent à cette époque ! et tellement plus honorable. Mais du moins, Vanwall gagna la couronne du fabricant. Vandervell fut ébranlé par l'accident arrivé à Lewis-Evans et, en mauvaise santé, il abandonna en 1959. Avec la révolution engendrée par les moteurs à l'arrière, un chapitre de l'histoire de la Formule 1 était en train de se clore. VICTOIRES EN GRANDS PRIX
(Bibliographie : Encyclopédie de la Formule 1) |
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