Pourquoi l'écurie Lola n'a jamais réussi sa percée en Formule 1 ? cela restera comme l'un des grands mystères de l'histoire du sport automobile. Depuis le jour où son fondateur, Eric Broadley, a dessiné sa première monoplace, en 1957, Lola a construit plus de voitures de courses que n'importe quelle autre marque. Et pourtant, en dépit de plusieurs tentatives, Lola n'a jamais réussi à franchir le pas du plus haut échelon du sport. Son premier essai en Formule 1 remonte à 1962, quand Lola a construit des voitures pour l'écurie Bowmaker. Immédiatement très rapide, John Surtees s'est qualifié en pôle position du Grand Prix de Hollande, la première épreuve de la saison. Un championnat marqué de quelques bons résultats s'ensuivit, y compris deux secondes places aux Grands Prix d'Allemagne et d'Angleterre. Au final, l'ex champion motocycliste se classa quatrième du championnat. Son coéquipier Roy Salvadori, par contre, n'a jamais réussi à marquer de points et quitta la F1. Quand Surtees passa chez Ferrari en 1963, le directeur d'écurie Reg Parnell continua, mais sans succès.
Partenaires différents Lola construisit alors le châssis TI30 pour Honda, en 1967, et Surtees remporta le Grand Prix d'Italie à son volant. Mais les statistiques créditent pourtant cette victoire à Honda. Lola fut sollicité pour construire des châssis pour l'équipe de Graham Hill en 1974, et continua de la faire en 1975, jusqu'à ce que les propres voitures de Hill soient prêtes à courir.
Aussi, lorsque Eric Broadley eut atteint ses 60 ans, il décida qu'il fallait une fois pour toutes se décider à voir des Lola en Formule 1 sous leur propre nom. Un effort qui ne dura que le temps du premier Grand Prix 1997, et même en réalité jusqu'au samedi précédant la course, puisque les deux voitures étaient très loin de se qualifier. Lola n'était pas surpris de voir Ricardo Rosset et Vincent Sospiri échouer à Melbourne. En fait, personne ne s'attendait à ce qu'ils y parviennent, en raison du manque d'essais des voitures. Mais le gouffre qui les séparait de la qualification - leur voiture la plus rapide était à onze secondes de la pôle position - faisait penser qu'il faudrait un miracle pour voir les voitures sur la grille de départ du deuxième Grand Prix, au Brésil.
Promesses non tenues Non seulement les voitures étaient-elles lentes, mais le budget était lui aussi très serré. En fait, le projet tout entier était voué à la catastrophe : il n'avait reçu le feu vert qu'en novembre 1996, et uniquement parce que Lola avait déniché un gros sponsor avec les cartes de crédit MasterCard. Il ne restait que trois mois pour construire les voitures, et ce fut nettement insuffisant. Les T97/30 ne furent ainsi jamais passées en soufflerie !
Avec son soutien financier dépendant de ses performances, et sans autre support financier pour lier la sauce, Eric Broadley ordonna à l'écurie de revenir du Brésil avant même que le matériel ne soit arrivé sur le circuit. Une reprise échoua, et les plans qui voulaient que l'écurie reprenne la course à Imola échouèrent également. L'écurie fut finalement liquidée, avec des dettes avoisinant les 60 millions de francs. Avec la moitié de cette somme liée à la société Lola Cars, l'aventure de la Formule 1 mit la société toute entière en péril, d'autant plus que son activité principale, le championnat Indycar, s'était réduite au profit de Reynard. Mais Lola Cars avait le championnat Indy light et la formule 3000 pour retomber sur ses pieds - elle construit tous les châssis pour ces deux séries, qui sont "monotype" (châssis imposé). Ce ne fut qu'en mai 1997 que la société Lola Cars sut qu'elle survivrait à l'aventure de la Formule 1. (Bibliographie : Encyclopédie de la Formule 1) |
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