Vincenzo Lancia fut l’un des prestigieux pionniers des débuts de la course automobile. Né en 1881, fils d’un fabricant de soupe, il fut apprenti chez les frères Ceirano, dont la société devint Fiat. Il fut choisi comme pilote d’essai, puis pilote dans certaines des premières prestations de ce sport. On se souvient que dans l’une de ces manifestations, il faisait flotter avec brio le drapeau italien quand un radiateur percé élimina sa Fiat : Lancia pleura amèrement. En 1906, il fonda sa propre société de construction de voitures de tourisme et de course, bien qu’il continuât de conduire pour Fiat. Gianni Lancia reprit la société de son père et décida de revenir à la course automobile en 1954. Après deux années sous les règles de la Formule 2, le Championnat du monde fut transformé en Formule 1 pour des voitures de 2,5 litres.
La grande D50 Lancia recruta le très célèbre concepteur Vittorio Jano pour construire une voiture qui n’apparut en fait que tard dans la saison. Cette voiture devait également rivaliser avec la dominante Mercedes W196. Bien que la W196 fût renommée pour sa technologie de haut niveau, la Lancia D50 de Jano était en fait, plus novatrice. Le moteur était positionné diagonalement dans le châssis, ce qui permettait à l’arbre de transmission de passer à travers le cockpit sans aller sous le siège du pilote. Cela signifiait que la voiture pouvait être construite plus près du sol, ce qui améliorait évidemment la maniabilité.
Le D50 fut la première voiture de Grand Prix de Lancia ; elle mettait en œuvre un châssis ultra-léger construit en tubes de petit diamètre, tandis que le bloc moteur et le carter étaient précontraints. Le carburant et l’huile étaient stockés dans les pontons latéraux spéciaux entre les roues de chaque côté. A l’époque, on avait l’habitude de placer les réservoirs à l’arrière, derrière la ligne du pont. Sur la Lancia, au fut et à mesure que la charge de carburant changeait, le poids variait en fait entre les roues et n’avait donc pas d’effet très marqué sur la maniabilité. Un autre progrès technique était la disposition de la zone de turbulence entre les roues. Cette voiture qui ne pesait que 620 kg était l’une des concurrentes les plus légères. Les pilotes de la Lancia furent Alberto Ascari et Luigi Villoresi que l’on confia à Maserati pendant la finition de la D50. Celle-ci fit finalement son début dans le Grand Prix d’Espagne de 1954, où Ascari fut le plus rapide dans l’entraînement, avant d’abandonner en course après neuf tours, à cause d’une panne d’embrayage.
Un bref succès L’avenir apparaissait très prometteur pour 1955, bien que Mercedes eût engagé Moss pour appuyer Fangio et que ce duo fît opposition formidable. Fangio gagna le Grand Prix d’ouverture, sous une chaleur étouffante, dans son pays natal l’Argentine, mais la D50 gagna quelques courses de seconde importance avec Ascari à Naples et à Turin. Lancia fit piloter Ascari, Villoresi, Castellotti et Louis Chiron – à l’âge de 56 ans – au Grand Prix de Monaco. Moss et Fangio furent en tête au début, puis eurent des problèmes de moteur et abandonnèrent, ce qui laissa Ascari devant, jusqu’à ce que malheureusement une grosse erreur l’envoie faire un vol plané dans le port. On le sauva de la noyade mais, de nouveau sur la piste, Castellotti fut battu par la Ferrari de Trintignant. Quatre jours plus tard exactement, Ascari se tua en testant une Ferrari à Monza. Tout comme son père Antonio 30 ans avant lui, Alberto se tua le 26 du mois et pilotait avec un casque qu’il avait emprunté. L’accident d’Ascari était inexplicable, certaines
personnes pensaient qu’il était encore marqué par son accident de Monaco, et
aussi bien Villoresi que Gianni Lancia En plus de ses sentiments vis-à-vis de la mort d’Ascari, Lancia rencontrait à l’époque des difficultés financières au niveau de sa société. Il vendit Lancia et remit les D50 à Enzo Ferrari ainsi que toutes les pièces détachées, lui confia le concepteur Jano et Castellotti. Il y eut également une subvention de Fiat établie sur 5 ans. Ce fut la dernière apparition de Lancia dans la Formule 1. (Bibliographie : Encyclopédie de la Formule 1) |
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