:: Histoire :: Equipes : BAR
 
Pays d'origine : 
Date de fondation : 
Années d'activité en F1 : 
Victoires constructeur : 
Grande-Bretagne
1977
De 1998 à 2005
Aucune

La métamorphose de Tyrrell en British American Racing s'est opéré dans le courant de la saison 1998. Craig Pollock a achevé le processus d'acquisition de la célèbre écurie à la fin de 1997 grâce à l'argent fourni par la British American Tobacco.

Le plan initial prévoyait que Ken Tyrrell demeure pendant la saison 1998, année pendant laquelle l’écurie continuerait à courir sous le nom de Tyrrell avant que ne se mette en place le programme BAR proprement dit à partir de 1999. Cependant, un désaccord étant intervenu entre Ken Tyrrell et Pollock à propos du choix du pilote brésilien Ricardo Rosset pour être le coéquipier de l’espoir Japonais Tora Takagi, le doyen des Team manager décida de renoncer sur le champ.

Son équipe continuait afin de terminer la saison avec à sa tête le docteur Harvey Postlethwaite, l’ancien directeur technique général. Le lancement de BAR fut évoqué pour la première fois en 1994, le lendemain du jour où Jacques Villeneuve – qui devait remporter le championnat du monde avec Williams en 1997 – avait remporté sa première course en Indycar.

Adrian Reynard, le brillant constructeur de voitures de compétition et tête pensante de BAR, se souvient des premiers épisodes : " Après la victoire de Jacques à Elkharte Lake, Rick Gorne, mon partenaire, Craig, Jacques et moi-même étions installés sous la terrasse couverte de Craig à Indianapolis. Je pense que Craig et Jacques pensaient continuer leur carrière en F1 tandis que Rick et moi essayions de les persuader de ne jamais quitter l’Indycar parce que Jacques était manifestement un grand pilote et qu’il allait apporter à notre écurie de nombreuses courses et de nombreux titres. J’avais une opinion vraiment très défavorable sur la Formule 1 car tout ce qui m’empêchait d’y revenir après quelques incursions infructueuses m’avait rendu amère. Je pense que c’est ce qui a fait réfléchir Craig et lui a fait dire : " Peut-être si nous pouvons satisfaire aux critères ". Jacques nous croyait sur parole en ce qui concernait notre voiture. Rick et moi avons toujours très très bien travaillé avec les gens qui croyaient en nous. Cela nous rend meilleurs et nous motive. Nous avons vraiment envie de tout faire pour eux. Ça tient à la philosophie de Rick qui consiste à aller au devant des désirs des gens. Reynard a toujours été animé d’une grande confiance, mais il admet volontiers : " la F1, ça va être dur, et nous allons commettre des erreurs mais nous sommes prêts à les assumer. En fait, concevoir et construire une voiture de F1 ne m’inquiète pas. Je pense que nous connaissons pas mal de choses en ce qui concerne, la mise au point, et la fabrication des voitures de compétition. Mais il va y avoir beaucoup de choses qui seront plus compliquées que cela ". Il sera chargé de la Recherche et du développement et de mettre tout particulièrement l’accent sur les secteurs où on peut réellement obtenir des gains de performances. " Je pense qu’à cause de l’énorme pression qui s’exerce sur le secteur du développement en F1 aujourd’hui, il y a dans ce domaine un gaspillage important. Nous nous sommes montrés très efficaces dans l’utilisation de nos moyens et là réside la clé pour obtenir un rythme de développement efficace. C’est ce qui à la longue va nous permettre de passer devant la concurrence. "

On attendait beaucoup de la voiture pour sa première apparition en course parce que par le passé, Reynard avait coutume de gagner à chaque fois qu’il faisait ses débuts dans une catégorie supérieure. Cela était arrivé en F3 puis en F3000 en Indycar et Reynard avait annoncé que cela se produirait également en F1. La plupart des gens serait effrayée en entendant une telle prédiction, il s’est contenté d’en rire. " Je me suis pris les pieds dans le tapis cette fois ! Mais quelle importance. Je pense que j’ai fait ce qu’il fallait. Depuis longtemps, notre manière de voir les choses, c’est de nous préparer et d’être suffisamment organisés pour réussir. Nous avons déjà le label Tyrrell et aussi bien sur le plan de l’aérodynamique que sur celui de la structure, notre voiture joue dans la même catégorie que les meilleurs. Comme dit Rick, l’un de nos points forts, c’est de ne pas savoir qu’on ne peux pas y arriver. " L’un des atouts maître de BAR pourrait être Malcom Oastler, son directeur de bureau d’études. Reynard lui-même en est convaincu : l’homme a du talent. " Pour autant que je sache, c’est le meilleur dessinateur du monde. J’ai une confiance totale et absolue dans son jugement. Non seulement c’est un grand dessinateur, mais il a des capacités d’analyse extraordinaires et c’est l’un des meilleurs meneurs d’homme que j’ai jamais rencontrés. Dans ce domaine qui est le notre, il va très très rapidement jouer dans la même division que les Patrick Head et Consort. La relève, c’est lui. "

L’autre atout maître, c’est Villeneuve qui a lié son sort à celui de Reynard au terme d’une troisième saison chez Williams. Associé au très prometteur pilote brésilien Ricardo Zonta, dont les spécialistes disent déjà le plus grand bien, il représente exactement ce dont a besoin une nouvelle écurie : une paire de pilotes au tempérament de vingt ans dont les exploits au volant stimuleront le moral de l’équipe au cours de la période de rodage qui accompagne la montée en puissance.

Les début de BAR furent catastrophiques, encore une preuve que l'argent ne fait pas tout. L'arrivée de Villeneuve, les ingénieurs pris aux autres équipes, le rachat de Tyrrell, la nouvelle usine ne purent faire décoller le compteur. De plus, Jacques Villeneuve réussit à battre le record peu enviable de onze abandons consécutifs en une saison. Pourtant, la BAR01 n'était pas une mauvaise voiture et Villeneuve réussissait même quelques jolies prouesses en qualifications. Mais cela n'a pas suffit car la monoplace s'est avérée trop fragile pour tenir la distance d'un Grand Prix. Le moteur Supertec engendrant beaucoup trop de vibrations pour une mécanique assez fragile. Craig Pollock décida de s'allier avec Honda pour la fourniture du moteur de la saison 2000. Année qui verra sans doute les vrais débuts de BAR.

Villeneuve et Zonta réalisent de meilleures performances avec la BAR 002. La voiture est plus fiable, et dès le départ, Villeneuve termine 4ème, Zonta 6ème. Au total, Villeneuve terminera au pied du podium à 4 reprises, l'écurie BAR se retrouve bombardé à la 4ème place constructeur. La saison 2002 s'annonce radieuse, terminer à la 3ème place constructeur est l' objectif principal. Panis remplace Zonta pour accompagner Villeneuve. Panis rate les points à cause d'une pénalité dans les derniers tours, tandis que Villeneuve réussira à monter sur la 3ème marche du podium à 2 reprises, en Espagne et en Allemagne. La voiture n'est pas fiable, BAR termine 6ème, ce qui poussera Craig Pollock à s'en aller.

David Richards le remplace, mais la saison 2002 est plus mauvaise que la précédente. L'écurie ne rentre dans les points que tardivement, et dégringole à la 8ème place constructeur. Panis part chez Toyota, BAR engage le prodige Jenson Button. En Autriche, Button terminera à la 4ème place en Autriche, et parcourra 15 tours en tête lors du GP des Etats-Unis. Cette course sera la dernière de Jacques Villeneuve, renvoyé pour manque de résultats. Il faut dire que Button aura marqué 3 fois plus que le champion 1997 ! il est remplacé par Takuma Sato, qui terminera 6ème de son GP national. BAR décroche la 5èma place constructeur.

C'est durant la saison 2004 que l'écurie BAR va vraiment devenir compétitive. Dès la 2ème coures, Jenson Button monte sur le podium. A Imola après avoir parcouru 8 tours en tête, il termine 2ème derrière Schumacher après avoir décroché la pole-position, la première de l'écurie. Au Final, Button monte 10 fois sur le podium, Sato réussit à terminer 3ème aux USA, le premier japonais sur le podium depuis Suzuki en 1990. BAR réussira à prendre la place de vice-champion des constructeurs devant Renault longtemps candidat à cette place. De si bons résultats, que Honda, qui est rentré un peu plus dans le capital de BAR, décide de renvoyer David Richards ! ON imagine une saison 2005 plutôt impressionnante, mais il n'en sera rien au départ, l'équipe BAR ne marque aucun point lors des trois premières courses. Et alors qu'à Saint-Marin, les voitures ont brillé, elles sont disqualifiées pour la présence d'un second réservoir qui n'est pas sur les plans, et exclues deux courses ! A Indianapolis, BAR compte moins de points que Jordan et Minardi ! La situation s'arrangera en fin de saison, Button montant sur deux podiums.

En 2006, l'équipe étant entièrement rachetée par Honda, c'est au volant de voitures sous le nom de la firme nippone qu'apparaîtront en course Jenson Button et Rubens Barrichello.

(Bibliographie : F1-Legend, Stats-F1)

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