:: Histoire :: Circuits : Italie
 

Le nom de Monza est l'un des plus évocateurs du sport automobile et reflète un héritage remarquable. Depuis 1950, le circuit a accueilli le Grand Prix d'Italie à chaque saison à part en 1980 où la course eut lieu à Imola.

En fait, l'histoire du célèbre Autodromo remonte à 1922, lors de sa construction. Un Grand Prix italien avait eut lieu à Brescia l'année précédente, mais Monza, situé dans un beau parc de Milan, devint très vite le circuit de Formule 1.

Une variété de configurations était disponible les premières années, mais une grande partie de la piste utilisée aujourd'hui existait déjà. Monza a toujours été l'une des pistes de Formule 1 les plus rapides, même après l'adjonction de chicanes au début des années 70. Le Grand Prix y a une atmosphère fantastique et attire toujours une foule innombrable de spectateurs loyaux à Ferrari - connus sous les nom de "Tifosi". Si leur équipe est perdante, ils font très vite savoir leur mécontentement…

La piste actuelle a 5,80 km de long. La grande ligne droite des stands, qui passe devant les gradins anciens et charismatiques, est écourtée d'une double chicane raide à l'absurde, le Rettifilio, et qui produit presque à coup sûr un accident sur le premier tour. Le virage à droite Curva Grande est suivi d'une deuxième chicane, la Curva della Roggia, qui mène aux doubles virages à droite légendaires de Lesmo. Deux des virages les plus célèbres de la course automobile, ils furent réalignés en 1994, suite à une campagne de renforcement de la sécurité.

La piste emprunte alors l'ancien circuit incliné jusqu'à la chicane relativement rapide de Vialone. Ensuite, la ligne droite suivie du virage rapide Parabolica, scène de nombreuses tragédies au cours des ans. Le circuit retourne enfin à la ligne droite principale.

Avant que les chicanes ne soient construites, la piste était essentiellement ultra-rapide. Plus que tout autre, elle fut le centre de courses fantastiques, surtout lorsque les voitures devinrent plus "glissantes" dans les années 60. Cependant, ce circuit était aussi l'un des plus durs pour les voitures, et très souvent le vainqueur ne fut pas le pilote le plus doué, mais celui ayant le moteur le plus résistant. C'est toujours un circuit où la puissance et la vitesse sur les lignes droites sont vitales.

 

Une histoire remarquable

Monza fut la scène de courses mémorables mais le circuit a aussi été témoin de plusieurs tragédies, et dans les courses avant la Seconde Guerre mondiale, plus d'un héros du jour y trouva la mort. Rien qu'en 1933, trois champions se tuèrent durant une course.

Monza eut sa place dans le calendrier du premier Championnat du monde en 1950. Ainsi que la plupart des courses de l'époque, la course fut une bataille acharnée entre les équipes Ferrari et Alfa Romeo ; Farina remporta la victoire pour cette dernière.

La première arrivée spectaculaire eut lieu en 1953. Ce fut l'une des rares occasions où la bataille pour la première place continua jusqu'au dernier tour sans être arrêtée par des problèmes mécaniques. Sur le dernier virage Ascari dérapa, Farina fit une embardée sur l'herbe et Marimon percuta Ascari. Fangio pilota à travers le carnage et remporta la victoire.

Ascari trouva la mort lors de tests de voitures de sport à Monza en mai 1955, et cette année-là, le Grand Prix vit un changement majeur du circuit. Une section inclinée avait été rajoutée au circuit existant, et une longue piste de 9,98 km avait été conçue incorporant le circuit original et deux virages inclinés. L'inclinaison était inégale et peu appréciée des pilotes, et se révéla être particulièrement dure pour les pneus. Fangio gagna en 1955 (le dernier Grand Prix de Mercedes) et Moss triompha en 1956 avant que l'agencement ne soit temporairement abandonné. Dans une autre course, Collins donna sa voiture à Fangio et sacrifia ainsi ses espoirs de remporter le Championnat du monde (Fangio gagna la course).

La victoire de Moss en 1956 fut le début d'une série de succès pour les pilotes anglo-saxons, qui allaient remporter tous les Grand Prix d'Italie à part un jusqu'en 1969. La défaite la plus cuisante pour les fans italiens fut peut-être en 1957, lorsque Moss remporta la victoire pour Vanwall, battant les voitures rouges adorées.

En 1960, la course revint, de manière controversée, à la combinaison précédente de route et de piste inclinée, et les équipes britanniques boycottèrent l'événement. Finalement, c'est encore une Ferrari qui remporta cette course. C'était la dernière victoire d'une traction arrière et le pilote Phil Hill fut le premier américain à remporter un Grand Prix.

L'année suivante, Hill remporta le titre à Monza mais en de tragiques circonstances, après que son coéquipier eut trouvé la mort dans un accident qui tua 15 spectateurs. La course fut de retour sur la piste sur route en 1962, et en 1963 une tentative de retour à la piste inclinée fut abandonnée après les essais et les inclinaisons furent oubliées.

Les course de 1960 virent plusieurs fois des batailles fantastiques, mais à chaque fois, le spectacle était gâché par les voitures de tête tombant en panne. En 1965, Jackie Stewart remporta sa toute première victoire, et en 1966 Scarfiotti battit les Anglo-saxons dans une double victoire pour Ferrari.

En 1969, la course donna enfin la superbe arrivée que l'on attendait depuis 1953. Sur les derniers mètres, Stewart dépassa Rindt, Beltoise et McLaren, remportant une victoire palpitante.

La tragédie frappa de nouveau en 1970 lorsque Rindt trouva la mort lors des qualifications. La course de cette année-là donna encore une lutte fantastique pour la tête, de laquelle Regazzoni sortit vainqueur, remportant sa première victoire. L'année suivante donna la meilleure arrivée de tous les temps, Gethin qui n'était pas classé menait devant cinq voitures et passa premier la ligne d'arrivée.

 

Grands changements

En 1972, le visage de Monza changea à jamais avec l'introduction d'une chicane après les stands, et d'une autre à Vialone, les jours de batailles sauvages n'étaient plus, et la première "nouvelle" course fut gagnée par Fittipaldi, qui remporta également le titre pour Lotus.

Au début des années 70, Peterson devint le spécialiste de Monza, gagnant en 1973, 1974 et 1976. Mais il allait pourtant trouver la mort sur ce circuit. Après un carambolage monstrueux au départ de la course de 1978, il fut hospitalisé, mais décéda le lendemain à la suite de complications. Ce fut une bien triste victoire pour son coéquipier Andretti.

En 1980 la course fut accueillie - pour une seule course - par Imola. Les problèmes politiques furent résolus lorsqu'Imola eut sa propre course. Le Grand Prix de San Marino, et la course italienne revint à son circuit d'origine en 1981. Monza était un circuit où les turbos pouvaient réellement donner le maximum de leurs capacités.

Trois fois à la fin des années 80, Senna perdit la course à Monza, alors que tout semblait être gagné. En 1987, il fit une embardée sur l'herbe à Parabolica, laissant la victoire à Piquet. En 1988 il menait jusqu'au moment où il percuta la voiture de Schlesser, laissant Berger remporter la dernière course du vivant d'Enzo Ferrari. Puis en 1989, le moteur de Senna rendit l'âme à neuf tours de l'arrivée, et Prost termina premier. Le fait que le Français ait donné son trophée aux fans était une insulte préméditée envers le manager de l'équipe Ron Dennis.

La chance de Senna finit cependant par tourner, et il gagna en 1990, mais l'homme le plus chanceux ce jour-là était Warwick, qui survécut à un grave accident à Parabolica au premier tour.

La course de 1991 fut l'une des meilleures ces dernières années, avec Senna luttant avec les Williams-Renault de Mansell et Patrese. L'Italien abandonna, Senna dut s'arrêter pour changer de pneus, et Mansell remporta une victoire mémorable. Mais Senna se rattrapa l'année suivante lorsque les deux Williams rencontrèrent toutes les deux des problèmes.

De même qu'au cours des années 50, Monza continua à faire beaucoup de "victimes" parmi les voitures. Prost menait en 1993 lorsque son moteur lâcha, laissant la victoire à son coéquipier Hill. L'Anglais remporta la seconde victoire en 1994, tandis que Michael Schumacher fit plaisir aux tifosi en remportant l'édition 1996 mais leur plaisir fut décuplé en 1998 lorsque Ferrari réalisa un fantastique doublé sur ce circuit de légende.

(Bibliographie : Encyclopédie de la Formule 1)

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: Victoires :

 
     Monza 
1950 - Nino Farina
1951 - Alberto Ascari
1952 - Alberto Ascari
1953 - J.M. Fangio
1954 - J.M. Fangio
1955 - J.M. Fangio
1956 - Stirling Moss
1957 - Stirling Moss
1958 - Tony Brooks
1959 - Stirling Moss
1960 - Phil Hill
1961 - Phil Hill
1962 - Graham Hill
1963 - Jim Clark
1964 - John Surtees
1965 - Jackie Stewart
1966 - L. Scarfiotti
1967 - John Surtees
1968 - Denny Hulme
1969 - Jackie Stewart
1970 - Clay Regazzoni
1971 - Peter Gethin
1972 - Emerson Fittipaldi
1973 - Ronnie Peterson
1974 - Ronnie Peterson
1975 - Clay Regazzoni
1976 - Ronnie Peterson
1977 - Mario Andretti
1978 - Niki Lauda
1979 - Jody Scheckter
1981 - Alain Prost
1982 - René Arnoux
1983 - Nelson Piquet
1984 - Niki Lauda
1985 - Alain Prost
1986 - Nelson Piquet
1987 - Nelson Piquet
1988 - Gerhard Berger
1989 - Alain Prost
1990 - Ayrton Senna
1991 - Nigel Mansell
1992 - Ayrton Senna
1993 - Damon Hill
1994 - Damon Hill
1995 - Johnny Herbert
1996 - M. Schumacher
1997 - David Coulthard
1998 - M. Schumacher
1999 - H.H. Frentzen
2000 - M. Schumacher
2001 - J.P. Montoya
2002 - Rubens Barrichello
2003 - M. Schumacher
2004 - Rubens Barrichello
2005 - JP. Montoya